REAMENAGEMENT DU PARC JACQUINOT

Description

Lieu: Bettembourg, Luxembourg / Architectes: Diane Heirend / Maître d’ouvrage: Commune de Bettembourg / Ingénieur génie civil: B.E.S.T. ing. conseils / Bureau d’etudes: Carlo Mersch, ing. conseils / Design (Luminaires, bancs, poubelles): atelier H2S / Budget ht: 4.000.000 € / Surface: 4 ha / Durée: 1999-2000

Situons le parc par rapport à son environnement. La route de Mondorf le délimite de manière urbaine par des quartiers d’habitations. Sur son côté le plus long, à l’ouest, il côtoie le chemin de fer. A l’opposé il se termine, plus calmement, à la limite des jardins privatifs de la rue Jacquinot. Sa pointe sud, occupée un peu malencontreusement par le Camping, s’ouvre en fait sur le nouveau voisin qu’est la maison des soins et surtout sur le paysage jusqu’à la crête du Krackelshaff.

L’analyse de l’ancien parc Jacquinot, complètement décousu, nous a mené naturellement à traiter ce parc comme une entité, afin de lui conférer un caractère de lien, transparent et accessible, dans son contexte urbain.

De nombreux arbres malades ont été enlevés, ainsi que la multitude d’anciens chemins de bitume. Nous offrons deux nouveaux matériaux dont le choix s’est fait par rapport à des critères de sensualité:
– ressentir que l’on a quitté la route pour évoluer dans un parc; et de bien être
– accueillir des enfants, des personnes âgées, des chaises roulantes, des poussettes, sans entraver leur promenade.
Le centre de gravité de la composition prend vie par les aires de jeux.

Le grouine de Meuse, matériau lumineux, qui peut être traversé par l’eau de pluie, constitue la surface consolidée, et la pelouse, matériau doux, offre deux grands tapis verts dans lesquels l’on peut aisément imaginer de nombreux scénarios de loisirs. L’ensemble est traversé par un fin réseau d’artères en dalles reconstituées.

Les arbres unissent ces deux surfaces pour créer le volume du parc.
L’ensemble du mobilier urbain, spécialement conçu pour ce lieu, aide à lui conférer la force pour exprimer son entité.
Les grandes articulations du parc sont soutenues par le rythme des luminaires.

Le long de la façade du chemin de fer, une haie fleurie donne un rythme entre l’accessibilité et les découvertes progressives du parc.
La pointe sud attend d’aboutir à la promenade du soleil, longue de plus de 700 m, qui intégrera le parc dans un réseau subordonné de promenades existantes et projetées.

Les limites des jardins privatifs de la rue Jacquinot, s’avancent de manière quasi parallèle, mais irrégulière dans le parc. Nous les côtoyons grâce à une pergola métallique, fleurie de plantes grimpantes, qui nous permet de définir la limite de l’espace public par rapport au traitement individuel des jardins.

La place du monument est traitée comme une place urbaine et spécifique, non en tant que simple passage.
La place, en grouine de Meuse, du kiosque de musique est définie par 10 érables, des acer platanoides Olmstedt, et de luminaires de part et d’autre, essentiels pour lui conférer une volumétrie à son échelle.

Derrière le kiosque se déploie une suite rythmée de haies de taxus, s’apprêtant autant au simple passage, qu’aux jeux de cache-cache ou de pétanque etc.

Le premier grand tapis vert, entre le monument et l’étang, se caractérise par le jeu d’ombres et de lumières que mettent en scène les couronnes d’arbres. Des lieux de repos sont disposés de façon à profiter pleinement de cet atout.
L’étang, entièrement réaménagé, s’insère à la seconde étendue verte. Il a été dragué, étanchéisé à l’argile, délimité par de nouveaux murs de soutènement,  ses berges en talus ont été remodelées.

Afin d’offrir la promenade et le repos dans la belle luminosité de l’eau, sans entraver la plantation spécifique des berges, l’étang est accompagné d’un chemin sur pilotis et d’un plateau de la même nature.
La composition du lieu engendre la vie à partir de son centre de gravité que sont les aires de jeux.

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